Hello Thomas, comment vas-tu depuis cet automne ? Nous avons suivi tes pérégrinations sur Facebook, vous avez pas mal bougé avec ton crew du Hood Un mot sur ton dernier voyage ?


Oui c'est cool, un peu moins de cours de surf on en profite pour partir un peu et cet hiver ca a été Mexique en novembre et Panama récement avec de super vagues, on a surtout surfé un beach break très creux 10h par jour, le plein de soleil avec de l'eau à 29°C. Plus d'infos sur les trips sur le blog www.29hood.com/blog. On a aussi pas mal cruisé en Bretagne pour profiter des spots de replis avec toutes les tempêtes qui ont frappé la côte récement c'est comme si on voyageait un peu à la maison, on a même encore découvert des spots!


Aujourd'hui sonne la sortie de ta vidéo au titre suffisamment évocateur 'Les dérives du surf business'. Peux-tu nous présenter ce projet, son objectif ?


Oui alors à un moment donné, je me suis rendu compte que j'avais pas mal d'images qui traînaient dans mes disques durs et que c'était con de pas les montrer. De plus l'industrie du surf va pas top et je me suis dit que c'était un bon sujet. Du coup, c'est un peu ma vision des excès qui ont découlé du fait qu'une bande de beach boys deviennent millionnaires et les débordements que cela entraîne, qu'on retrouve dans ce film. Le tout monté par Romain le Sehan.




 


Un message à prendre au premier degré ? Ou avec une petite dose d'auto dérision / ironie ?


Toujours beaucoup d'auto dérision, j'aime le surf et je n'aurais certainement jamais pu profiter autant de ma passion si le surf business n'avait pas autant explosé.


Le surf a toujours été marketé et encore plus aujourd'hui. Quelles sont les dérives que tu pointes du doigt aujourd'hui ? (si c'est le cas :))


Je me moque un peu en général de la perte de saveurs des marques "core" qui cherchent à se rapprocher du modèle "Nike", qui visent large alors que les surfers sont une petite population pour la plupart concentrés en bord de mer. J'ai l'impression que les marques surf avaient toujours 2 ans d'avance sur toutes les autres et qu'aujourd'hui elles ont un peu deux ans de retard.


Quand tu ridais pour Kanabeach, même si l'état d'esprit était alternatif, il y avait tout de même une part de marketing assez forte, non ?


Oui kana a toujours été une marque avec une image forte, des campagnes de pub décalées, une forte identité régionale (bretonne) j'ai toujours senti de la dérision chez kana et une boite proche de ses riders et de ses employés. A dimension humaine.


Quelles sont les marques que tu aimes aujourd'hui ?


J'aime les marques de surf c'est pas vraiment ça le problème, elles m'ont fait rever toute ma vie, en sponsorisant les meilleurs, en sortant des videos de fou, en organisant des compétitions de dingue. Je critique juste un peu le fait que ça manque cruellement d'originalité, les clips des riders sont un poil impersonnels, ils mettent en valeur le niveau du mec uniquement et pas le mec. Je vois une vidéo d'un rider "x" et à la fin j ai pas specialement envie de partir en trip avec lui car il a l'air chiant, voire hipster ahahahaha !


Après le 29 hood, projettes-tu de lancer une marque de vêtements / accessoires ? Une marque 100% BZH ?


Non pas du tout on a déja tellement de boulot avec le club 29hood, c'est parfait c'est carrément une chance de passer de payer pour surfer à payer pour transmettre sa passion! Je suis heureux et fier de ce qu'on est en train de construire dans notre quartier avec Alan. On essaie de faire ça bien déja, on a des t shirts des sweats et des bonnets c'est sympa mais c'est pas une marque!!!


Quand tu n'es pas sur un surf ou les pieds dans le sable, on te voit souvent porter les couleurs d'un groupe de musique dont tu es fan : les TurboNegro (un groupe norvégien qui mélange heavy metal, rock et punk.) Peux-tu nous en parler ?


Je viens d'une époque où le surf c'était rock n'roll, le mec qui m a appris à surfer écoutait les Guns n Roses et ACDC, les vidéos des années 90 c'était du punk californien, je suis resté fan. Turbonegro c'est un mélage de tout ca, l'esprit rock, le jean, un univers un peu marin, du death punk norvégien, un show sur scène, un son particulier... Les fans sont regroupés en turbojugends (jeunesse turbo) il y en a un peu dans toutes les grandes villes dans le monde. Chaque membre d'une jugend recoit une veste unique avec le nom de sa jugend dans le dos, et son warrior name brodé devant (Kelly Slutter pour moi) je fais partie des saboteurs de Nantes. "La révolte dans mon coeur, je suis le saboteur"



Un mot de la fin ?


Avec beaucoup de sagesse, je dirais, peu importe ce qui se passe autour, le surf ca se passe avant tout à l'eau. On se voit au pic!!!


Merci Thomas pour avoir pris le temps de répondre à nos questions ! Bravo pour tous tes projets que tu mènes avec beaucoup de justesse et de conviction ! On se voit au pic ... cet été :) ! Kenavo !


Mettez le son à fond et dégustez les amis : Les dérives du surf business, c'est par ici !



Relire notre interview de Thomas Joncour au sujet de son club de surf 29 Hood => http://www.ridekulture.com/2013/10/02/29-hood-surf-club-bretagne-thomas-joncour/


Yohan pour RIDEKULTURE